Libéralisme - Violence

Jeudi 13 mai 2010 4 13 /05 /Mai /2010 10:00

L'histoire, vous la connaissez.

 

 

De Wall Street à Berlin

 

En 1929, panique à Wall Street ! L'ultralibéralisme dans lequel s'est enfoncé l'Europe et les Etats-Unis, emporte tout avec sa crise. Les thèses keynésiennes n'étant pas encore à l'ordre du jour, les Etats peinent à réagir (il faudra attendre le New Deal de Roosevelt, élu en 1932) et la situation ne peut qu'aller en s'empirant. 

En France, les ligues d'extrême-droite, antiparlementaires, montent en puissance et manifestent publiquement le 6 février 1934 face à l'incapacité des pouvoirs publics à faire face à la crise. Déjà très présent en France, comme l'a montré l'affaire Dreyfus en 1898, l'antisémitisme et la xénophobie progresse.

Dans la république de Weimar allemande, le parti nazi monte à chaque élection (déjà 107 députés en 1930) jusqu'à avoir, de façon parfaitement démocratique, la majorité en mars 1933. Hitler est à la tête du pays.

 

Douze ans plus tard, l'Europe est détruite, dévastée. Une véritable apocalypse. Une guerre mondiale qui aura duré 6 ans: 60 millions de morts, 35 millions de blessés, des déportations, des exterminations. Un véritable charnier dont l'Humain aura été capable d'en créer les conditions, l'accepter, le favoriser, y participer, lorsqu'il ne l'a pas subi de plein fouet.

   

Ce qu'il est important d'observer, c'est la relation entre tous ces événements. Cela est loin d'être laissé au hasard. L'ultralibéralisme, la violence économique, la crise, le désastre économique puis le désastre humain et la violence par les armes sont intimements liés, comme K.Polanyi saura le montrer dans son ouvrage La grande transformation (que j'ai acheté mais pas encore lu). La thèse de l’auteur est que l’idée d’un marché s’ajustant lui-même était purement utopique. Selon lui, une telle institution "ne pouvait exister de façon suivie sans anéantir la substance humaine et naturelle de la société, sans détruire l’homme et sans transformer son milieu en désert".

   

Plus incroyable encore est le parallèle que nous pouvons établir.

 

 

1945 - 2008: Retour à la case départ


Entre 1945 et 1975, trente ans se sont écoulés. Trente ans de prospérité économique, certes, mais aussi sociale avec une Sécurité Sociale puissante, un Etat qui intervient, régule et une Droite qui, bien qu'ayant ses propres valeurs, a compris les erreurs du passés, de l'Histoire, et ne les reproduit pas (comme le symbolise un De Gaulle). Même aux Etats-Unis, terre du capitalisme, le taux d'imposition va jusqu'à atteindre les 90% pour les plus hauts revenus !

Mais ce système a montré s'est retrouvé face à des limites économiques et personne n'a été prêt à faire l'effort du partage lorsque la prospérité matérielle commence à ne plus être aussi évidente.

 

Depuis, avec la chute du bloc communiste (que personne, à juste titre, ne regrette), entre autres, c'est donc la grande régression. Celle de l'Etat-Providence, de l'Etat qui régule, qui réduit les inégalités, des services publics. Le triomphe du libéralisme, du marché partout, de la marchandisation de tout, de la spéculation à tout va et ce, dans une économie mondialisée. Pire que resté en retrait, l'Etat agit mais seulement en faveur du grand capital, des "riches", dirais-je de façon plus triviale. Les travailleurs n'ont plus de statut et ne sont plus que des marchandises, eux aussi, à leur tour. Ce système ne profite qu'à une poignéee d'actionnaires à la tête de quelques grandes multinationales. Et tout le monde y baigne; de l'UMP au PS !

 

Puis Crac. Retour à la réalité en Septembre 2008. La crise des Subprimes éclate et plonge le monde dans la récession. Un système qui ne repose que sur le finance n'est pas viable; on le sait depuis longtemps. L'Etat réagit assez vite, mais le but est seulement de sauver le système capitaliste pour qu'il continue de plus belle. On aura bien entendu quelques temps parler de "moralisation". Une imposture ! Le tsunami continue: prédateurs, spéculateurs, tous présents. Avec, de plus, la certitude d'être sauvé par des gouvernements acquis à leurs causes. Ainsi, même s'il était nécessaire de sauver les banques, on ne peut que trouver anormal l'absence de contreparties et d'entrées de l'Etat dans les conseils d'administration.

Les limites n'ont jamais été posées; rien ne peut arrêter ces financiers.

 

Conséquence: l'Europe est en train de sombrer dans un chaos indescriptible. Oublier tout ce qu'on vous a rabâché sur un Etat grecque trop dépensier, que pour mieux vous faire avaler la pilule du plan de rigueur qui s'amorce ici. Le problème de la dette de la Grèce, de l'Espagne, du Portugal puis, demain, de l'Irlande, de la France, n'en est pas un. Le seul problème; c'est celui de la spéculation et de l'inaction politique, trop complice. En effet, pour aider la Grèce, il suffirait de leur prêter au taux de la Banque Centrale Européenne soit 1%. Au lieu que cela soit possible, on laisse ceux-ci (et le premier ministre socialiste laisse faire), emprunter à 10% à des banques qui ont emprunté à la BCE au taux de 1%. Devinez qui s'enrichit, au milieu ? On comprend l'intérêt des agences de notation, proches des banques, de baisser la note des dettes de ces Etats. Celles-là même qui avaient données la note maximale au prêts Subprimes ! Et au lieu d'arrêter ça, on demande au peuple Grecque de payer l'addition, soit l'enrichissement des banques: âge de départ à la retraite retardé, gel des salaires, suppression du 14ème mois, du 13ème mois, suppression de nombreux postes de fonctionnaires et donc des services publics etc. Papandréou, premier ministre Grecque, exécute ces ordres, condition des aides qui leurs sont accordées (par le FMI de Strauss Kahn et les pays européens). Bon prétexte pour organiser des Etats 100% libéraux économiquement.

L'Europe a été créé pour protéger; au lieu de ça, on monte les pays les uns contre les autres (jusqu'où ce nouveau désastre va t-il aller ?). Cette crise s'ajoute à la dernière et montre que le système n'est plus tenable. 

 

 

Et maintenant ?

 

La boucle est bouclée. Nous revoilà, comme en l'an 30. On a même nos nouveaux boucs-émissaires, si jamais le système venait à réussir à appauvrir encore plus radicalement les peuples: les musulmans, par exemple (je ne parle pas, ici, de la question de la Burqa qui concerne quelques extrêmistes). Lorsqu'un FN ne cesse de monter démocratiquement ( ... ) et qu'on sait qu'il est à la fois raciste et en faveur de la peine de mort, lorsqu'on voit comment le discours sur l'immigration, l'identité nationale se radicalise par une Droite qui fait un bond de 80 ans en arrière, on a le droit de le penser et de s'inquiéter sincèrement.

 

Et maintenant ? Vous rappelez vous ? L'individualisme, la guerre économique n'est jamais loin de la Guerre, au sens propre du terme: à son niveau, le phénomène des banlieues est symbolique de cet enjeu. Les erreurs du passé n'ont pas été retenues. Oh, rassurez-vous, je ne viens pas faire le grand prédicateur catastrophiste qui vous annonce la date de départ, au jour près, d'une prochaine guerre. Mais rappelons nous que la période 30-45 est d'autant plus proche de nous qu'elle s'éloigne dans le temps.

Etre conscient de cela, c'est aussi tout faire pour l'éviter. Sachons aussi que, au milieu de ça, notre pays avait été capable de grands progrès sociaux lors du gouvernement du pays par le Front Populaire de 1936 à 1938.

 

Avec cette crise économique, systèmique, agrégée à une crise écologique de grande ampleur qui se manifeste par une baisse des ressources et, donc, inévitablement, à des conflits pour y accéder (eau, pétrole etc.), tout laisse penser qu'on ne pourra qu'assister à de profonds bouleversements lors des 20 prochaines années.

Des bouleversements, certes, mais plutôt Hitler ou Front Populaire ?

 

Les deux progressent. En ce qui concerne le premier, il me semble que nous venons d'aborder largement le problème. Mais, pour le côté positif, on sent aussi cette tendance des peuples à aller vers une "Révolution" et un changement du système dominant qui détruit la planète. Une Révolution qui peut tout aussi bien se faire par les armes, que par les urnes; tout dépend de la tournure des événements. Aujourd'hui, ce qui nous permet de croire à cela, c'est le rassemblement plutôt réussi de plusieurs forces de gauche dans un "Front de Gauche", qui commence à se faire entendre, ainsi que la grande montée des Verts, qui, bien que n'ayant pas toujours un discours de Gauche (ce qu'il dément), montre qu'une part importante de la population est consciente de l'enjeu.

 

 

En conséquence, tout laisse penser que nous serons témoins de grands bouleversements mondiaux lors des deux prochaines décennies. Cela est inévitable.

Affirmer cela n'est pas prendre un grand risque; encore faut-il comprendre certains enjeux simples...

Par pablo33bordo - Publié dans : Libéralisme - Violence - Communauté : Les antilibéraux
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Mercredi 12 mai 2010 3 12 /05 /Mai /2010 15:00

Peur et répression
Monsieur A habite dans une cité. A quelques mètres de celle-ci, sous les yeux de dizaines de personnes, il vole le sac d'une mamie qui faisait tranquillement son marché.

Monsieur B          est l'actionnaire majoritaire d'une entreprise du CAC 40. Un jour il fait des délits d'initiés sur le dos de petits actionnaires. Malgré ses dividendes monstrueux, il décide de délocaliser dans un pays moins regardants envers la pollution, avec une main d'œuvre moins chère, qui proteste moins et ne donne quasi pas de prime de licenciement à ses travailleurs, préférant utiliser les profits pour spéculer sur les marchés financiers. Bref, Monsieur B est un magouilleur... mais ce n'est pas sans conséquences : ses anciens salariés vont se retrouver des mois au chômage, avec le minimum (ou pas !) pour nourrir leurs familles. 

Monsieur A et monsieur B ont tous deux commis des actes graves, répréhensibles par la loi. Sauf que le statut social de monsieur A est moins bien placé dans la stratification sociale que celui de Monsieur B, sauf que tout le monde sait que monsieur A est un délinquant alors que Monsieur B sait se cacher, se justifier. 


En sortant dans la rue, tout le monde a peur des Monsieur A, pas des Monsieur B. Un flic à chaque coin de rue ? C'est franchement rassurant ! Des caméras de surveillance partout ? Voilà qui devrait les dissuader ! Des fouilles à l'entrée des établissements scolaires ? Evidemment que oui ! Montrons à ces gamins que ce n'est pas eux qui vont faire la loi ! Et s'ils continuent, la prison se révélera plus qu'utile ! Monsieur B, après tout, n'a pas un mauvais fond, il ne fait que profiter d'un système contre lequel on ne peut de toute façon pas lutter. Quant aux médias, ils en rajoutent et multiplient les faits divers ; dans le monde, il n'y a plus que vols, viols, enlèvements, meurtres etc.


NON : 
1) Les actes de ces deux hommes nuisent à la société ; ne stigmatisons pas seulement le 1er., nous venons de le prouver.
2) Le tout répressif a des limites très restrictives, prouvons le.


Face à la peur, souvent véhiculée par les médias, nous sommes tentés de voter pour le premier programme politique venu, très simpliste et qui consiste à faire de la répression une priorité. « Face à la peur de passer du temps en prison, ils finiront bien par ne plus commettre aucun délit ! Mais voilà qu'ils récidivent ; rajoutons encore quelques années et nous finirons bien par les mater. Vous êtes contre le tout répressif ? Mais alors, vous ne pensez pas à ces pauvres victimes qui demandent justice ! » A ce propos, la culpabilisation semble être un autre objet de la peur...

Que les choses soient claires, il ne s'agit pas ici de démontrer qu'un délinquant ne doit pas passer par la case prison. Ce qui est important de savoir, c'est que la prison n'est que la punition, en aucun cas la solution au problème (ça se saurait) ! Avant d'avoir à faire face au procès de la victimisation, justifions cette idée.

Avant de céder à la panique, face à la recherche de la sécurité, posons-nous la simple question : 
pourquoi ai-je peur de la Police, pourquoi ne commettrais-je pas tel ou tel délit et pourquoi tel ou tel groupe de personnes n'ont pas peur de la Police, balance des pierres sur les pompiers ? 
Ce type de questions est, à mon humble avis, la clé du problème. En effet, certains considéreront qu'i l est ici question de gènes, que les maghrébins, par exemple, ont le gène du criminel. Ceci est ultra-faux, ces gens sont racistes; mais libre à eux de le penser. Quant à la solution répressive, elle convient parfaitement à cette idée. Mais la très grande majorité de la population ne pense pas cela et ce, à juste titre. Si le problème n'est pas génétique, il est donc social. Et, que je sache, la répression ne va pas régler le problème social. Par là, j'entends qu'elle ne fera pas des délinquants de bons citoyens. Voilà pourquoi quelque chose est ici illogique ; en cédant trop vite à la panique, nous oublions l'origine du problème et ne le réglons absolument pas. 

Pour en revenir au thème du blog : les néolibéraux ont forgé une société individualiste et inégale et sont obligés de revenir à la répression pour éviter que la société n'éclate, ne dégénère. Gardons ceci en tête car cela pourrait se révéler utile dans la suite de notre démonstration.

Grâce à ce que nous venons de démontrer et à l'explication à venir ; j'affirme que : 
« La répression ne réglera pas le problème de la délinquance à moins qu'elle soit suffisamment forte et qu'elle remette en cause la liberté individuelle. » 
C'est donc la barrière démocratie/Etat totalitaire qu'il ne faut pas dépasser. Revenons à notre propos:Comment voulez-vous qu'un individu que la société ne respecte pas, comprenne et respecte cette société ? Si j'insulte un inconnu qui me laisse crever au bord de la route, et, qu'en conséquence, il m'enferme quatre jours, je ne pense pas que je me dirais « c'est pour mon bien, je vais maintenant le respecter, j'ai tout compris ». Au contraire, plus il m'enfermera, plus ma violence s'accroîtra. Si « je » devient « les délinquants » et « l'inconnu », « la société », on cerne tout de suite mieux le problème. 
Comment voulez-vous qu'un délinquant comprenne la punition d'une société qu'il refuse parce qu'elle le laisse en marge ?

On voit donc que les inégalités (et donc le fait de laisser en marge de la société certains individus) sont à l'origine des grands problèmes sociaux. Mais pour ne pas, à mon tour, associer le problème des délits aux seuls jeunes de cité, prenons l'exemple, très à la mode dans les médias, des violeurs et pédophiles. Expliquez-moi en quoi l'allongement de la durée d'emprisonnement, sans suivi, va régler le problème ?
Soit ils ont une maladie au sens strict du terme et, dans ce cas, leur place est à l'hôpital psychiatrique ; soit ils cèdent à leurs pulsions et je ne comprends pas en quoi la prison agit sur cela... Apprendre à gérer ses pulsions est quelque chose qui s'apprend. Bref, ce n'est pas un hasard si les criminels, violeurs et compagnie ont souvent eu une enfance particulière ; le problème reste donc éducationnel, social. Comme le montre si bien Jacques Généreux (que j'apprécie, je pense que vous l'aurez compris) dans son livre Le socialisme néomoderne, c'est l'élargissement et la multiplication des liens sociaux qui peut remettre un individu, à la socialisation primaire ratée, dans le droit chemin, à gérer ses pulsions etc.

Une société qui est donc individualiste et inégale, ce qui caractérise la mondialisation actuelle dominée par la néolibéralisme, est dangereuse et ne permet en aucun cas la sécurité. En effet, d'un côté, elle individualise les individus et crée des inégalités et, d'un autre, face à la montée des actes de délinquance, elle répond de façon hypocrite au problème par la répression.
 

Article rédigé le 11 octobre 2009 sur Skyrock (ancien blog) 

Publié le 12 mai 2010 sur Over-Blog

 

 

 

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Commentaires publiés sur mon ancien blog:

 

Anabel

Posté le Lundi 12 Octobre 2009

Tout d'abord je souhaiterais réagir au sujet des pédophiles ou violeurs. Je tenais à dire que ce qui me choque particulièrement c'est que ces gens ont une obligation de soins APRES leur sortie de prison. Ne serait- ce pas plus logique que se soit pendant leur emprisonnement?? Qu'on allonge leur peine, d'accord, mais alors autant y mettre à profit et les faire soigner. Certaines personnes vont peut etre trouver ça dure, mais la castration chimique pratiquée dans d'autres pays (comme la Belgique il me semble) semble être une très bonne idée, encore faut -il etre sur que la personne prenne son traitement après sa libération...(quoi que je ne sais pas exactement si ce traitement se prend "à vie" ou si quelques prises suffisent). De plus pour les personnes vraiment "malades", je pense que leur place n'est pas dans notre société, mais dans un hôpital psychiatrique, à notre époque et avec les moyens dont on dispose, on ne peut pas se permettre de "créer" des récidivistes.
Ensuite, je repense au cas de cette femme de 42 ans, violée et tuée après avoir été enlevée durant son jogging. Est ce que c'est normal que son agresseur ait pu s'installer dans la même ville que sa précédente victime??? je ne dis pas qu'il n'aurait pas commis un tel acte ailleurs, mais je trouve déjà ça scandaleux. Et je suppose qu'il ne s'agit pas là d'un cas isolé. De plus, maintenant qu'il s'agit d'un cas de récidive, j'espère que maintenant il ne sera plus jamais remis en liberté, sa place est, je le répète, à l"hôpital.
Maintenant en ce qui concerne les jeunes "délinquants", je suis tout à fait d'accord sur le fait que de "parquer" toute une classe de gens dans des cités par exemple, n'aident pas vraiment à l'insertion sociale, surtout vu l'image que notre société a sur ces endroits. Et la répression n'est évidemment pas la meilleure des solutions si ces jeunes sont déjà animés d'un sentiment de révolte. Mais quelle est la solution? Bien sur il existe des associations qui viennent en aide à ces jeunes, leur permettent de voir qu'il y a autre chose que la casse de voitures pour s'occuper, et qui tentent de leur montrer d'autres horizons. Mais le problème est que ces jeunes n'ont pas toujours conscience qu'on leur tend la main et refusent l'aide de ces personnes. 
Ce qui est triste c'est que certains jeunes qui voudrait s'en sortir sont "noyés dans la masse' et passent à la trappe. Mais ce n'est pas le plus triste finalement, le plus triste c'est qu'il y en ai que "quelques un" qui souhaitent s'en sortir...
Je trouve que la chanson "envole moi" de J.J.Goldman pourrait très bien résumer ce que peut ressentir un jeune de banlieue ou de cité (ou d'ailleurs) qui voudrait s'en sortir. Il y a notamment une phrase : "A coup de livres, je franchirai tous ces murs". Le problème de la plupart de ces jeunes c'est qu'ils ne peuvent pas vraiment se battre à coups de livres, et le font donc à coup de pierres...
Je n'ai pas la prétention de dire que je suis très tolérante face à ces délinquants, car moi meme j'ai souvent tendance à les stigmatiser. Et soyons francs, la vision d'un monde utopique où tout le monde se tend la main n'existera probablement jamais. Et je pense qu'il est très dur de trouver des solutions pour aider ces jeunes mais ej ne doute pas qu'il en existe, et qu'on pourrait en trouver si on se penchait réellement sur la question, plutôt que de choisir la répression, solution de facilité qui n'est pas forcément la réponse pour tous. (même si pour certains je pense que c'est utile selon la gravité des actes évidemment).
J'ai choisi de parler surtout des jeunes de banlieues ou de cités, car c'est souvent d'eux que l'ont parle dans les médias, et je tenais à donner mon avis sur la question (dsl pour le roman lol). Mais je n'affirme absolument pas que les délinquants viennent forcément des cités ou vice versa, que les cités n'abritent que des délinquants.
PS: Si j'insulte un inconnu qui me laisse crever au bord de la route, et, qu'en conséquence, il m'enferme quatre jours, je ne pense pas que je me dirais « c'est pour mon bien, je vais maintenant le respecter, j'ai tout compris ». Au contraire, plus il m'enfermera, plus ma violence s'accroîtra."Si « je » devient « les délinquants » et « l'inconnu », « la société », on cerne tout de suite mieux le problème" --> j'ai beaucoup aimé cette image qui permet de mieux comprendre la situation.


Pablo33bordo

Posté le Dimanche 18 Octobre 2009

Tout d'abord, merci pour cette longue et intéressante réponse.
Je vais répondre à mon tour sur tous les sujets que tu as traité.
Tout d'abord, en ce qui concerne les violeurs et pédophiles, j'avoue que je me suis aventuré sur un terrain que je ne maitrisais pas totalement mais bon, il est toujours intéressant de donner son avis. 
A propos de la castration etc., je ne sais pas trop qu'en penser. Mais je pense qu'une personne qui a des pulsions serait bien plus heureuse castrée que de commettre de tels actes régulièrement...
Aujourd'hui même, un pédophile a écrit au président pour demander à pouvoir être castré. Cependant, cela fait déjà preuve d'un certain équilibre. Avant tout, la question que je pose dans cet article est: qu'est ce qui fait qu'un individu, qui à l'origine est comme vous ou moi, devient violeur ou pédophile ? Que ce soit une maladie mentale ou un problème remontant à l'enfance, on voit bien que la prison ne peut pas remplir le rôle d'éducatrice, surtout quand il s'agit de pulsions et de problèmes aussi profonds. D'ailleurs, si c'était si simple, le pédophile auquel j'ai fait allusion tout à l'heure n'aurait pas eu besoin de demander la castration!
En ce qui concerne, le suivi en prison, s'il ne se fait pas pour l'instant, c'est franchement idiot; je te rejoins parfaitement sur ce point. 
A propos des jeunes délinquants. Déjà, tu emploies le mot "insertion", de jeunes aidés par des associations etc. Cela veut dire que tu penses qu'il faille résoudre le problème individuellement. Or, je préfère parler d' "intégration" de ces jeunes à notre société. Ainsi, la version "utopique d'un monde où tout le monde se tend la main" dont tu parles n'est pas si inaccessible, pour la simple et bonne raison que ces personnes n'ont rien de plus ou de moins que nous. Et si nous, nous intégrons à la société et pas eux, c'est la société dans son ensemble qui en est responsable car c'est la société qui construit les individus et qui rattrape des comportements déviants.
Lorsque tu dis qu'il faut aider "ceux qui veulent s'en sortir", je voudrais préciser que chaque individu agit dans ce qu'il pense être le mieux pour lui (je précise qu'il n'est pas question d' "égoïsme" ici) et donc, en théorie, chacun agit pour s'en sortir, à sa façon. Par "ceux qui veulent s'en sortir", tu entends en fait des gens qui sont déjà adaptés aux valeurs de notre société et qui vont remuer ciel et terre pour arriver à avoir un travail etc. Sauf que le jour où ils seront rejetés, découragés etc. puis désocialisés, ils deviendront violents et tomberont dans le rang de "ceux qui ne veulent pas s'en sortir"...
A bientôt sur ce blog !

 

 

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Par pablo33bordo - Publié dans : Libéralisme - Violence - Communauté : les anti-capitalistes
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