Mardi 28 juin 2011 2 28 /06 /Juin /2011 12:00

Ce blog a été créé en Mai 2009. Alors que nous sommes maintenant en Juin 2011, je décide de renouveler l’édito afin de le réactualiser.


Me concernant, Pablo, je suis maintenant étudiant à l’Institut d’Etudes Politiques de Lille. Je suis engagé au sein du Parti de Gauche, et donc au sein du Front de Gauche, ainsi qu’au principal syndicat étudiant du pays : l’UNEF. Mes convictions sont toujours aussi fortes et je compte toujours sur ce blog pour faire passer les idées d’une opposition au système néolibéral destructeur et diffuser celles d’une véritable Gauche de transformation.


S’il fallait tirer un bilan de ce blog, je dirais qu’il se démarque de ceux qui sont à l’œuvre dans le petit cercle du militantisme puisqu’il porte davantage sur des questions assez générales, même si elles sont d’actualité, et sur le fond des idées, que sur les stratégies à adopter par telle formation politique, par exemple, ou sur mon propre engagement. Je n’ai aucune envie d’imiter le style du blog de Mélenchon, qui me plait beaucoup, pour la simple et bonne raison que les moindres détails de son engagement intéressent tout le monde car il est un homme public. Or je n’en suis pas un. Et je n’obtiendrai pas plus de notoriété en me prenant pour lui.


Ce n’est pas la notoriété personnelle qu’il faut chercher. Cependant, la notoriété de cet outil de réflexion qu’est ce blog est à faire valoir. Et c’est là le plus dur. J’écris ici comme si mon public était large or je sais bien qu’il est extrêmement restreint. Son élargissement est l’enjeu de la suite de ce blog. Pourquoi ne pas avoir un nom de domaine plus attrayant ? Certes, mais avant cela, il faut que le blog soit davantage connu et lu. Un site qui aurait la chance de devenir www.contreleneoliberalisme.fr doit avoir de l’ambition. Pas une ambition de milliers de visites, dans un premier temps, mais une ambition de qualité, notamment si son activité devient plus soutenue.

Par pablo33bordo - Publié dans : Général
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Jeudi 23 décembre 2010 4 23 /12 /Déc /2010 15:41

Aborder ce sujet un 23 décembre, c'est franchement de mauvais goût... 

 

Mais lançons-nous (ma réflexion en bas de page)

 

Je vous propose cette chanson de Marie Cherrier:

 


 

Voici les paroles:

 

Joyeux Noël aux commerçants
Les amis des p'tits enfants
Qui proposent joyeusement
Les nouveaux jeux de chez Nathan
Un soldat qui va à la guerre
Avec sa troupe de militaires
Un jeu révolutionnaire
Où faut tuer les gars à terre

Pis c'est si beau les étincelles
Dans les yeux de la p'tite demoiselle
Qui rêve de Barbies Mattel
L'en devient même son modèle
Et voilà les jeux sont vendus
Et le monde on ne l'reconnait plus
Y a qu'des poupées plein les rues
Et la violence ne choque plus

Joyeux Noël
Joyeux Noël

Joyeux noël la p'tite maman
Qui pense bien faire pour ses enfants
En dépensant beaucoup d'argent
Parce qu'elle veut les voir contents
Parce qu'elle a du coeur, elle pense
Quand même à ceux qu'ont pas d'vacances
Parce qu'elle a des sous, elle dépense
Et réduit son coeur au silence

Alors elle entre dans l'grand Auchan
Où t'as du parfum envoûtant
La musique et des pubs en grand
Puis elle obéit aux slogans
Alors si c'est ça les valeurs
Les cadeaux font le bonheur
Remplis l'grand panier en ferraille
Et nourris ceux que tu affames !

Joyeux Noël
Joyeux Noël

Joyeux Noël au monde des grands
Celui qui pourrit les enfants
Joyeux Noël à ces titans
Qu'ont rien compris à l'instant
Joyeux Noël, joyeux parents
Les adeptes du dernier moment
Qui foncent contre leur temps
Vers la corvée des cadeaux manquants

C'lui du p'tit neveu qu'ils voient jamais
Ou d'la grand-mère du cousin d'André
Pour qui ils prennent, pour pas s'faire chier,
Le livre le plus vendu d'l'année
Alors vient l'heure des cadeaux
Le sourire se prépare tôt
On dit : "Fallait pas, c'est trop !"
Puis on l'oublie près du gâteau

Joyeux Noël
Joyeux Noël

C'est la joyeuse consommation
D'une fête de moutons
Qui aime les huîtres et les marrons
Parce que c'est la tradition
Période de pubs et de billets
Autour d'un Père Noël truqué
Saint Nicolas n'a pas marché
Il passe moins bien à la télé

Joyeux Noël
Joyeux Noël

C'est l'hiver joyeux de Noël
Les lumières de la ville s'éveillent
Et profitant qu'on s'émerveille
Y en a qui font marcher l'oseille
Je suppose que l'on oublie
Du moins jusqu'à la fin d'la nuit
C'est vrai qu'c'est moins facile de s'dire
Qu'on nourrit la grande tirelire

 

 

Que penser de Noël ?

 

Ce Père Noël pour qui travaillent à la chaine de milliers de petits lutins. Et heureux en plus ! Et devinez qui en retire tout le prestige ? Certainement pas les lutins ! Car le Père Noël, dont seul les habits sont rouges, est bien parvenu à cette situation d’exploitation de ses ouvriers dans le bonheur que toute multinationale, aujourd’hui, essaie de mettre en place. Ca commence très mal !


Qui peut nier aujourd’hui que Noël ne profite pas aux capitalistes ? Grands magasins, fabricants de jouets, mondialisation, émissions et films télés, publicité etc. Tous ceux-là en tirent profit et profits !


Mais surtout Noël maintient la société de consommation. Qu’est ce donc cette étrange sensation que la quantité de jouets offerts a une importance première ? Le mythe du père noël, consommation tombée du ciel (c’est le cas de le dire) ne va-t-elle pas à l’encontre du véritable « cadeau », don d’une personne chère ? Ne faut-il pas s’attrister de voir que les enfants associent « Noël » uniquement à des cadeaux ? On peut aller jusqu’à dire que c’est la quantité de cadeaux qui réjouit ou non l’enfant devant le sapin, davantage que ce qu’ils sont et l’utilisation qu’il en fera… Et pour en finir avec les cadeaux, n’est-ce pas une réalité lorsque Marie Cherrier, dans sa chanson, parle de « cadeau pour pas s’faire chier » et « vite oublié », façon d’acheter les gens, de créer un lien marchand lorsque le lien social et humain n’existe en réalité pas ou plus.

 


Mais, quand on y pense, la question est plus complexe


 

En effet, au-delà des éléments relevés qui en feraient une fête purement commerciale, on peut nuancer. Pourquoi est-ce que réduire cette fête à cela peine t-il certains ? Uniquement parce que cela va à l’encontre de leurs croyances sur la « magie » de Noël ? Je ne crois pas. Certains ont un rapport plus ou moins spécial à cette fête du fait de souvenirs de famille, le plus souvent, et il n’appartient à personne de  dire qu’ils ont tort de ressentir ci ou ça, tout comme on ne peut pas accuser une personne d’avoir la foi envers tel ou tel Dieu au plus profond de soi. La fête, également, unit car elle est largement partagée par « tous » ou presque, au-delà même des frontières. Et ceux qui rapportent Noël uniquement à une fête capitaliste ont peut-être ce besoin car ils y ont certainement un rapport différent, ce qui les met presque en situation de marginalité au moment des fêtes. Contester est alors une solution pour justifier le mal aise, tout comme les autres sont mal à l’aise devant certaines réalités que ces contestateurs tentent de démontrer.

Cependant, ces derniers ne devraient-ils pas s’interroger un peu ? Tout accepter sous prétexte d’une « magie » et d’une « fête de famille », n’est-ce pas un peu trop facile et dangereux ?

 

Bref, Noël est une fête qui mérite d’être réfléchie quant à sa signification. Je ne suis pas arrivé à une conclusion claire, nette, précise car le sujet mérite certainement une attention bien plus grande que ces quelques lignes. Plus complexe qu’il n’y parait…

La magie de Noël ?

 

Par pablo33bordo - Publié dans : Général - Communauté : les anti-capitalistes
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Vendredi 29 octobre 2010 5 29 /10 /Oct /2010 19:29

Bonjour à toutes et tous.

 

 

J'espère que vous êtes actuellement engagés contre la casse des retraites. Et je vous souhaite bien du courage. Personnellement, je fais l'effort mais j'en ai le ras-le-bol d'aller faire un tour toutes les semaines pour être ensuite pris pour un con. Ca nous enrage tous !


 

Mais c'est à un sujet plus large auquel je m'attaque dans cet article: l'écologie. Même si tout est lié. Ce sera un très long article, posté partie par partie.


Mon idée est de dépasser un certain nombre de préjugés sur l'écologie, l'être humain. A partir des éléments de certains professionels, intellectuels, philosophes etc. que j'ai lus récemment, je formule ma pensée.


Ainsi, je vais d'abord expliciter quelle est ma vision de l'écologie (I) car c'est à partir de ça que découle tout le reste. Ensuite, je m'intéresserai à la question du travail, mise au premier rang des valeurs dans nos sociétés; cela a-t-il un sens ? Pourquoi véhiculer cette idée ? (II). Enfin, je demanderai quels sont les changements à opérer pour surmonter cette crise écologique, de façon urgente et sur le plus long-terme (III)


(29/10/10)

 

 

Par pablo33bordo - Publié dans : Economie - Enjeux
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Vendredi 29 octobre 2010 5 29 /10 /Oct /2010 19:28

A/ La fin: l'être humain

 

Ma vision de l’écologie n’est pas celle de l’idéologie dominante ; Droite, Nicolas Hulot et autres Cohn-Bendit. « Sauver la planète » disent-ils. Certes. Personne ne peut le nier !

Mais dans quel but ?  


Le mien, partagé (il me semble) par un certain nombre d’écologistes, de partisans de l’anti-productivisme ou de la décroissance, est différent du leur.  


Je vais partir du deuxième impératif catégorique Kantien qui stipule : « Agis en sorte que toi-même ou autrui ne soit pas traité uniquement comme un moyen mais aussi comme une fin ». Dans sa théorie, il ajoute à cela la supériorité « morale » de l’Homme sur la nature et les animaux car eux, au contraire, peuvent être utilisés comme moyen. Face à cette dernière remarque, deux réactions "évidentes" :

1 – Quel scandale lorsqu’on voit les dommages causés par l’industrie sur la nature !

2 – Certes, cela serait un scandale mais Kant ne pouvait prévoir la crise écologique au moment de la rédaction de ses ouvrages.

De mon côté, je rejette les deux remarques et affirme que Kant a toujours eu et même encore davantage raison aujourd’hui, au moment même où je dénonce la crise écologique et la destruction de la planète par le Capitalisme. Car, en fin de compte, pourquoi faut-il protéger notre environnement ?

Pour sauver l’Humanité.

Cela peut choquer ; il est indéniable que cette idée va à contre-courant du discours dominant que l’on entend à longueur de temps dans les médias, et par les porte-paroles d’une écologie déconnectée du social.

  « Pauvres animaux qu’il faut sauver », « beauté de la nature à préserver » etc. Je suis d’accord avec ça. Mais contrairement à eux, je demande : pourquoi ?

Je le répète ; l’humain est au centre de ça, l’humain interagit avec la nature, a besoin de cette beauté, a besoin que la chaine alimentaire ne soit pas coupée car il serait, au final, la victime de tout cela. Il s’autodétruit au niveau environnemental ET social, voilà tout. L’humain n’a pas de supériorité physique aux autres animaux, au contraire ! Mais la différence fondamentale est qu’il a une conscience de soi et du monde. Pour ceux qui auraient tendance à mettre la faune au même niveau que l'humain, je rappellerais que les plantes (la flore, donc) sont également des êtres vivants et, pourtant, il ne viendrait à personne à l'idée de dire que qu'une plante ressent la douleur comme un animal. NON: tout n'est pas égal !

L'Humain, la faune, la flore, sont tous des êtres vivants mais distincts les uns des autres.


« Egoïste ! » s’exclame certains devant ces paroles. En réalité, je ne vois pas ce qu’il y a de plus altruiste que de dire que l’Humanité doit être sauvée dans son ensemble, qu’il ne faut pas surexploiter les richesses, mais apprendre à les partager à l’intérieur des pays et au niveau mondial. La "Nature" dont on parle n’a de supériorité que parce que l’Homme existe (sinon, supériorité par rapport à quoi ?) et qu’elle est sa raison de vivre. 


Pour prouver toutes ces idées, je pose ces simples question:

- Quel autre animal que l’Homme s’inquiète de la survie de sa propre espèce ou de la Nature ?

- Si la Terre n’existait plus (imaginez une explosion, par exemple), en quoi serait-ce un Mal, qui s’en inquiéterait ? Et mêmes vous, humains, pleurez-vous devant l’explosion d’une météorite ? 

- Si la fin n’est pas l’Humain, alors pourquoi ne nous indignons nous pas devant cette planète Vénus qui n’a guère de glacier, Mars qui n’a plus d’eau ? Allons les sauver ! Sauvons cette Nature supérieure ! Non ? Et la température sur Mercure, je ne vous en parle même pas !

On pourrait me répondre qu’il n’y a pas eu d’actions humaines qui ont altéré les changements naturels. Certes. Mais alors : fallait-il découvrir (inventer) le feu, capable de détruire le bois ? L'être humain doit bien agir sur son environnement, encore doit-il le faire de façon raisonnable avant que son action se retourne contre lui.

Enfin :

 - Quoi de plus naturel que 2 atomes d’oxygènes et un atome de carbone ? Sont-ils mauvais en eux-même ou juste parce que, dans une certaine mesure, ils nous rendent la vie impossible ?

 

Comme disait Lavoisier : « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ».

La nature, au sens large, est toujours là, juste transformée et inhumaine.      

 

 

B/ Les dangers de l'autre vision de l'écologie

 

Cette deuxième partie va permettre de mettre en relief les arguments précédents. En effet, pourquoi insister sur l’idée que l’écologie politique doit avant tout viser à protéger l’Humain ? Après tout, si cela passe par une protection de l’environnement, cela ne changerait pas grand-chose…


Au contraire, je pense que  ne pas définir cet ultime objectif de l’écologie politique est dangereux et crée le clivage entre l’écologie de la Droite, du grenelle, de Nicolas Hulot et consorts et l’écologie des anti-productivistes qui la relient à la question sociale, comme nous y reviendrons dans le C/.


En effet, sur quoi s’appuient les premiers ? Tout d’abord, ils réduisent la question environnementale au réchauffement climatique, montrant des images chocs de glaciers qui s’effondrent, d’animaux en voie d’extinction afin de montrer les effets néfastes de l’Homme sur la nature. Ils oublient le problème de la limitation des ressources matérielles ; ainsi, la question du partage n’est pas posée et la croissance matérielle non contestée. Surexploiter les ressources n’est pas un problème tant que la pollution est moindre. Le problème écologique ne peut se régler ainsi.


 En faisant cela, ils ne remettent pas en cause notre système capitaliste mais culpabilisent chacun individuellement (par les images choc) tout en ne contestant pas l’accumulation de richesses ; il faut « consommer différemment » et choisir les produits « bio » sur le marché. Cela permet à la fois de contrôler la vie privée de la population et donne de nouveaux débouchés aux entreprises capitalistes pour faire davantage de profits. Sur ce point, il est aisé de voir comment l’écologie est un grand enjeu du marketing, la concurrence qui s’exerce entre les entreprises pour démontrer leur respect de l’environnement alors même que leur activité ne peut l’être. Par exemple, Airbus démontre que la construction de ses avions est écologique mais aucun de ces écologistes que nous dénonçons ne remettra en cause les vols sur de courtes distances etc.


Et c’est ainsi que le seul moyen de faire de l’écologie pour ces adeptes du marché et de l’intérêt individuel, est d’inciter individuellement, de contrôler la vie privée alors que le bien est commun. Cela est très important à comprendre. L’écologie qui se développe actuellement peut très bien être source de reculs sociaux et est le futur des régimes autoritaires ou totalitaires. En effet, puisqu’il est juste question de « sauver la planète », pourquoi ne pas aller jusqu’à accepter un suicide collectif ? De manière plus quotidienne, un ensemble de règles « écologiques » tentent de régir notre vie privée sans remettre en cause le système. Ainsi, « ne consommez pas tel produit qui n’est pas national » alors même qu’on ne remet pas du tout en cause la mondialisation et l’explosion des transports qui en résultent ; « n’utilisez pas trop la voiture qui pollue » alors que l’utilisation est souvent nécessaire étant donnée l’organisation de la société, que le prix des transports publiques augmentent fortement ou certains lieux sont mal desservis etc. Elisabeth Badinter a ainsi montré comment la culpabilisation dans la consommation, et notamment de produits encore majoritairement achetés par les femmes, c'est-à-dire liés à la famille ou aux tâches ménagères, sont d’autant plus de moyens de permettre une nouvelle domination masculine : les progrès du féminisme sont, par là, remis en cause. Cette morale écologique, intrusion dans les moindres détails de la vie privée, si elle va au bout, n’aura rien à envier à l’Allemagne d’Hitler ou l’URSS. Seule l’idéologie au nom de laquelle on appliquera cela aura changé.  

A ce danger s’ajoute un autre, tout aussi totalitaire voire pire, qui est celui du scientisme : croire que l’on va tout résoudre à coup d’inventions scientifiques. Là encore, c’est l’Homme qui est oublié. Pas de remise en cause de l’exploitation, de la sur-consommation mais il est seulement question de trouver un moyen de continuer sur la même voie grâce à la technique. Cela peut s’allier aux projets les plus fous et qui vont constituer un grave problème du XXIème siècle ; celui de l’Homme bionique, parfait, qui pourrait ainsi être compatible avec un environnement inhumain.


Bref, cette vision fait froid dans le dos, mais il ne faut pas croire que ça n’est que de la fiction. Le discours actuel nous renseigne déjà énormément. Car comme le dit cet excellent slogan du Parti de Gauche, « dans le capitalisme vert, le problème, c’est pas la couleur ». Tout y est.


Par pablo33bordo - Publié dans : Economie - Enjeux
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Lundi 5 juillet 2010 1 05 /07 /Juil /2010 13:59

Woerth et l'affaire Bettancourt, Woerth et les retraites, la mobilisation sociale à son encontre, les démissions au gouvernement: la pire erreure serait d'étudier tous ces événements uniquement de façon séparée ou de les personnaliser.

 

 

1/ La réforme des retraites, c'est un désir de victoire du capital contre TOUS les salariés !

2/ L'affaire Woerth-Bettancourt confirme des liens privilégiés que nous connaissons déjà, en faveur du capital...

3/ Tout ça se rejoint et peut représenter un espoir, comme je le montrerai.

 

 


1/ CONTRE la réforme des retraites !


Celle-ci est profondèment injuste et, qu'on ne s'y trompe pas, concerne le peuple entier, depuis les prochains retraités jusqu’aux plus jeunes, depuis les emplois peu qualifiés à ceux qui le sont plus.

Pas besoin d'être docteur en économie pour comprendre que cette réforme ne parviendra jamais à résorber le déficit de la caisse des retraites. En effet, augmenter la durée de travail n'aura aucun effet puisque le chômage des séniors est très élevé. Ainsi, le problème de fond est davantage le chômage de façon générale car il y a trop peu de gens qui cotisent. Les salariés se font licenciés ou ne retrouvent pas d'emploi avant même 60 ans aujourd'hui ! Ainsi, ce sont davantage les pensions qui vont baisser, car on cotisera encore moins, mais compensées par un autre déificit qui s'aggravera; celui de l'assurance chômage. Ensuite, on entendra dire qu'il faut baisser les indemnisations chômage !

Sarkozy, non sans cynisme, avoue lui même que les salariés ne partiront toujours pas avec une retraite complète. En effet, dans son dernier entretien télévisé, il dit, sûr de lui, qu'avec la retraite à 60 ans, les salariés n'avaient plus d'emploi dès 58 ans et, ainsi, avec la retraite à 62 ans, ils n'en auront plus à 60 ans. Vous n'aurez toujours pas de pensions complètes; c'est promis par le Président lui-même. Au moins, on est sûr qu'il la tiendra cette promesse-ci...

Avec cette réforme, la vision même du social et de l'humain néolibérale se confirme. Il n'est qu'un "animal laborans", selon l'expression chère à Hannah Arendt. Ce qui montre bien ce point de vu, c'est la question de la pénébilité. On nous dit qu'il ne faut pas que le problème soit traité collectivement mais, pour que ce soit plus juste (évidemment...), individuellement. Ainsi, le médecin constatera si vous pouvez continuer à travailler ou non et jusqu'à quel âge. Ce que cela signifie, c'est que la fatigue, la pression des supérieurs, on s'en moquera. Ce qui intéresse, c'est seulement de savoir si vous avez encore la capacité d'exécuter les tâches qu'on vous demande !


Voici un extrait du site Viva:

Le projet gouvernemental prévoit de maintenir un départ à la retraite à 60 ans seulement pour les salariés ayant une incapacité permanente partielle (IPP) pour maladie professionnelle ou accident du travail d’au moins 20 %. 

Ainsi, ne seraient prises en compte que les conséquences des maladies qui se sont déjà déclarées alors même que beaucoup de ces affections se développent tardivement. Les conditions de travail pénibles qui réduisent de fait la durée de vie sont exclues du périmètre. 
Seraient ainsi sortis de cette "retraite-pénibilité", par exemple, les salariés soumis à des cancérogènes qui n’ont pas, à 60 ans, déclarés de cancer. Une majorité des cancers se déclarent justement après 65 ans.

Santé & Travail souligne que plus de 2,3 millions de travailleurs sont exposés à des produits cancérogènes et qu’à 35 ans, l’espérance de vie d’un ouvrier est inférieure de 6 années à celle d’un cadre. Et qu’à cet âge, sous espérance de vie en bonne santé n’est que de 24 années... 
La revue rappelle enfin que les médecins du travail ont réservé « un accueil pour le moins critique » à ce projet : « Evaluer la pénibilité sur des salariés déjà cassés par leur travail est grotesque », déclare à la revue Marie Pascual, médecin du travail dans l’Essonne.

Les contradictions sont donc nombreuses...

 

Vous trouverez des résumés de l'opposition à cette réforme aux liens suivants:

Appel Copernic-Attac

Blog de Henri Moulinier

Blog de Jean-Luc Mélenchon


 

 

2/ Quelle place pour l'affaire Woerth-Bettancourt ?

 

Ce qu'il faut retenir avec cette réforme des retraites, c'est que l'avantage est donné encore et encore au capital. Cela est vrai non seulement parce que le mode de vie proposé va dans le sens du capitalisme, de la mercantilisation de la vie, mais le gouvernement l'avoue lui-même puisque la contribution demandée au capital ne représente que 10% du déficit total qu'ils présentent comme celui à supprimer d'ici 2018. Ainsi, il est ouvertement dit: "chers salariés, payez 90% du déficit de la caisse". Or, on vient de le montrer, la souffrance des moins qualifiés, notamment, subsistera tandis que que le déficit ne sera pas résorbé !

Le capital paye juste suffisamment pour donner un sentiment de justice et ne pas déclencher la révolution dès fin juin. Et oui; même quand il paye, il est gagnant ! Et là est bien le plus important pour le gouvernement. C'est là que nous pouvons rejoindre cette affaire qui ne cesse de faire la une depuis les premiers jours de l'été.

Il ne s'agit pas seulement de l'affaire Bettancourt, ni de l'affaire Woerth, mais bien des liens ultra-privilégiés entre le pouvoir politique et financier qui sont dévoilés au grand jour. Nous n'en doutions plus mais, là, ils deviennent une véritable caricature d'eux mêmes. On compte même faire de cette affaire un long métrage; c'est pour dire ! 

Tout y est: conflits d'intérêt, financements illégaux, exodes fiscales etc. Chaque jour, l'actualité apporte de nouvelles preuves à mesure que Woerth, bien protégé par ses complices du système, tente de prouver sa perfection et son respect le plus étroit au Droit français.

N'allons pas à l'encontre de la présemption d'innocence. Mais tout de même ! Cette affaire fait preuve, dans tous les cas, que ce sont les riches (et uniquement eux) qui nous gouvernent aujourd'hui. Des faits sont vérifiés: Woerth savait que P. De Maistre était dans les listes des évadés fiscaux, trois mois avant de lui remettre la légion d'honneur. Le 14 juillet dernier, on a également vu la remise de la légion à de nombreux amis du Président, comme Bouygues: le copinage, on ne peut que le constater. On peut même jusqu’à parler d’olligarchie.

 


 

3/ La colère: un espoir !


Le sentiment d'injustice ne peut qu'être grandi. A la base de l'affaire, il y a avant tout la fortune de Mme Bettancourt: 20 milliards d'euros environ ! 

=> Le SMIC est environ à 1100 € par mois soit un salaire de 13 200 € annuel pour un smicard actuellement. 20M€ représentent - tenez vous bien -  1 500 000 (environ) années de SMIC soient les 40 ans de salaire de 37 500 smicards, rien que ça. Et ces gens, avec certainement la complicité des politiques, font de l'évasion fiscale !

=> On a pris conscience, chose qui n'a jamais été cachée, que Mme Bettancourt a bénéficié de 30 millions d'euros grâce au bouclier fiscal. Cela représente 0,1% de sa fortune, autant dire qu'elle ne le voit pas passer. En effet, c'est l'équivalent de 1€65 d'un SMIC... Sauf qu'avec 30 millions d'euros (et sachant qu'elle n'est pas la seule fortune de France; même pas la première !), on peut payer 2 272 années de SMIC, pour prendre toujours cet exemple !

Et oui ! Si cela n'est pas révoltant: des cadeaux fiscaux à des gens qui ont suffisamment de richesses pour ne pas se rendre compte de la différence, tandis qu'il y a encore plus de 10% de chômeurs, une extrême précarité, des services publics avec de moins en moins de qualité etc.

 

Je pense que le peuple commence à se rendre compte de ces injustices extrêmes et qu'il aura coeur à se révolter en septembre. Je suis persuadé que l'on va se trouver face à un mouvement d'une ampleur gigantesque. Là est l'espoir. Le 1er rendez-vous est fixé au 7 septembre et on verra alors si mes prédictions sont bonnes.

Après 2 millions de manifestants en juin dernier, comment ce chiffre pourrait ne pas augmenter ?



Il est interdit d'inciter à la haine. Personnellement, j'espère bien y être parvenu avec cet article et j'assume totalement...

 

Par pablo33bordo - Publié dans : Général - Communauté : les anti-capitalistes
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